Pose de cathéter d’hémodialyse
Les principales indications du cathéter de dialyse :
- un besoin urgent, non planifié de dialyse,
- un besoin temporaire de dialyse,
- dans l’attente de la réalisation ou de la maturation d’une fistule artério-veineuse.
En quoi ça consiste
Le cathéter de dialyse est un tube souple en matière plastique. Il est inséré dans l’un des principaux vaisseaux sanguins à travers la peau. L’autre extrémité reste à l’extérieur du corps et est reliée à la machine de dialyse lors du traitement. Entre deux traitements, l’extrémité extérieure est recouverte d’un pansement et se trouve discrètement sous vos vêtements. Contrairement à une fistule artério-veineuse, un cathéter de dialyse peut être utilisé (presque) immédiatement après sa mise en place.
Déroulement de la procédure
Préparation à l'intervention
Avant la pose, il est important de :
- Informer l’équipe soignante si vous avez des risques particuliers de saigner :
- Avez-vous une maladie du sang ou des saignements fréquents ou prolongés (du nez par exemple) ?
- Prenez-vous un traitement fluidifiant le sang ? (anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire type Aspirine®, Asasantine®, Kardegic®, Persantine®, Plavix®, Previscan®, Sintrom®, Solupsan®, Ticlid® …), ou tout simplement souvent de l’Aspirine® contre le mal de tête ? Dans ce cas, il pourrait être nécessaire d’arrêter ce traitement avant l’examen : nous vous préciserons combien de temps.
- Suivre une hygiène stricte :
- Douche antiseptique à la Betadine Scrub® la veille et le matin de l’intervention, lavage des cheveux, s’essuyer avec une serviette propre, port de vêtements propres et absence de bijoux ou maquillage.
- Être à jeun (6h avant le rdv) et demandez au médecin quels médicaments doivent être pris.
- Si des examens sanguins vous ont été prescrits au préalable, apportez les résultats de votre prise de sang.
Pendant l'intervention
L’intervention, d’une durée de 30 à 60 minutes, se déroule sous conditions d’asepsie strictes en radiologie interventionnelleAprès l’anesthésie locale, la veine jugulaire, à la base du cou, est ponctionnée sous échographie. (Parfois veine fémorale dans l’aine)
Le cathéter est introduit et dirigé sous contrôle radiologique jusqu’à la veine cave supérieure.
Son extrémité est glissée sous la peau pour sortir quelques centimètres plus loin.
Cette extrémité est fixée au moyen d’un tunnel sous-cutané et de deux fils à la peau. Grâce à la tunnélisation et la présence d’un anneau de feutre (cuff du cathéter), le cathéter est alors fermement fixé et il y a moins de risque d’infection.
Un pansement stérile est appliqué sur les ailettes du cathéter de dialyse
Le bon positionnement du dispositif est contrôlé à la fin de la procédure par une radiographie du thorax.
Après l'intervention
Soins
Les points de suture au niveau du cou peuvent être enlevés quelques jours après l’intervention. Les sutures du cathéter de dialyse doivent rester 6 semaines en place.
Si des ecchymoses apparaissent dans la région du cou, ils diminueront progressivement pendant les semaines suivantes pour finalement disparaître.
Votre cathéter peut être utilisé SEULEMENT pour la dialyse. Ne laissez pas administrer des médicaments ou du sang par ce cathéter si votre néphrologue n’a pas donné sa permission.
Les soins d’un cathéter de dialyse doivent rester entièrement stériles. N’enlevez jamais le pansement vous-même et ne manipulez pas le cathéter vous-même ! Si le pansement se détache, vous pouvez coller temporairement un autre pansement dessus. Ne laissez jamais votre cathéter de dialyse découvert.
Un pansement doit être maintenu propre et sec
Évitez dans tous les cas, de mouiller votre pansement, car un environnement humide signifie un risque plus important d’infection. Nager ou mouiller la partie supérieure du corps dans le bain ne sont pas autorisés. Si votre cathéter est fermé avec un pansement adhésif transparent (qui ne se détache pas) vous pouvez prendre une douche. Le meilleur moment est juste avant d’arriver à la dialyse. L’infirmière peut alors retirer directement le pansement éventuellement humide et procurer les soins au cathéter. Avec un “sac à cathéter” une douche n’est pas autorisée.
Des démangeaisons bénignes à la hauteur du pansement ne sont pas inquiétantes. Mais si le pansement démontre un écoulement de liquide ou de pus, ou si vous avez mal, une rougeur, un gonflement ou de la fièvre, vous devez toujours contacter l’unité de dialyse ou, le cas échéant, le service d’urgence.
Une douleur modérée est habituelle pendant 48 heures, elle est d’intensité modérée et facilement contrôlée par des antalgiques simples (Efferalgan®), les médicaments à base d’Aspirine® sont proscrits à cause du risque de saignements.
Complications
Lors de la pose les complications sont rares (<1%) :
- Un hématome peut se former.
- Très exceptionnellement, la ponction atteint des éléments proches, comme la plèvre avec un risque de pneumothorax (pénétration d’air entre la paroi thoracique et le poumon provoquant des difficultés respiratoires), ou l’artère avec un risque de saignement.
- Une embolie gazeuse peut survenir, ainsi que des lésions nerveuses.
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Il peut y avoir un échec de mise en place de ce système pour des raisons anatomiques. Il vous sera alors proposé une autre tentative par une autre voie.
À distance, quelques complications peuvent survenir :
- Une infection: le cathéter et le boîtier sont des corps étrangers et peuvent favoriser une infection, voire une septicémie. Les règles d’asepsie et d’hygiène avant et au moment de la pose et lors des perfusions ultérieures permettent de contrôler ce risque. Vous devez donc signaler à l’équipe soignante tout gonflement important, une douleur locale intense, une rougeur, un écoulement au niveau de la cicatrice, une mauvaise cicatrisation, une fièvre, des frissons, ou une gêne respiratoire.
- Une désunion de la cicatrice
- Une phlébite (obstruction de la veine dans laquelle pénètre le cathéter par un caillot de sang) : cela provoque un gonflement et une douleur du bras, qui peut nécessiter un traitement anticoagulant, voir le retrait du dispositif.
- Votre peau au-dessus de la chambre peut s’abimer. Une fuite sous la peau du liquide de perfusion est possible et nécessite impérativement une prise en charge spécialisée.
- Une rupture du cathéter : migration du cathéter possible et nécessitant l’ablation par une sonde de type “lasso”.
- Le cathéter peut se boucher. Il pourra parfois être débouché par l’injection, sur prescription médicale, d’un produit qui fait fondre les caillots de sang. En cas d’échec, il devra être changé.
Utilisation et entretien
- Le cathéter d’hémodialyse est maintenu en place tant que le traitement l’exige
- À l’hôpital comme à domicile, le branchement de la dialyse est assuré par un(e) infirmier(e) formé(e) formé à l’utilisation de ce cathéter
- Le cathéter doit toujours être manipulé avec des règles d’hygiène très rigoureuses
Retrait du cathÉter d’hemodialyse
Quand le cathéter n’a plus besoin d’être utilisé, soit parce un abord périphérique d’hémodialyse a été crée, soit parce que la dialyse n’est plus nécessaire, le dispositif est enlevé, sous anesthésie locale, par le radiologue interventionnel.
En résumé : ce qu'il faut retenir
L'équipe de radiologie interventionnelle
Il est normal que vous vous posiez des questions sur l’intervention que vous êtes amené à passer. Nous espérons y avoir répondu. N’hésitez pas à interroger notre équipe radiologique pour tout renseignement complémentaire
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