Pose de port à cathéter (PAC ou chambre implantable)
Vous devez bénéficier d’un traitement de longue durée par voie veineuse qui va utiliser des produits toxiques pour les vaisseaux et les veines superficielles de vos bras.
Le cathéter à chambre implantable ou Port-à-Cathéter (PAC) permet d’accéder directement au système veineux central et de préserver vos veines superficielles. Les injections nécessaires à votre traitement seront alors réalisées sans douleur, avec un maximum de sécurité et de confort (bras libres). Ce dispositif peut rester en place sur une longue durée.
En quoi ça consiste
Le PAC est composé de deux parties : un petit boîtier placé sous la peau, généralement sous la clavicule, qui est relié à un cathéter (tube souple et fin) inséré dans une grosse veine (le plus souvent dans la veine jugulaire).
Ce système discret restera en place au moins pendant toute la durée du traitement.
Il facilite l’administration des traitements intraveineux en évitant les perfusions répétées: le personnel soignant piquera la chambre à travers la peau à l’aide d’une aiguille sur laquelle sera branchée la perfusion.

Déroulement de la procédure
Préparation à l'intervention
L’intervention est réalisée sous anesthésie locale, parfois avec une sédation, en ambulatoire (sortie le jour même). Il est préférable d’être accompagné pour votre sortie.
Avant la pose, il est important de :
- Informer l’équipe soignante si vous avez des risques particuliers de saigner :
- Avez-vous une maladie du sang ou des saignements fréquents ou prolongés (du nez par exemple) ?
- Prenez-vous un traitement fluidifiant le sang ? (anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire type Aspirine®, Asasantine®, Kardegic®, Persantine®, Plavix®, Previscan®, Sintrom®, Solupsan®, Ticlid® …), ou tout simplement souvent de l’Aspirine® contre le mal de tête ? Dans ce cas, il pourrait être nécessaire d’arrêter ce traitement avant l’examen : nous vous préciserons combien de temps.
- Suivre une hygiène stricte :
- Douche antiseptique à la Betadine Scrub® la veille et le matin de l’intervention, lavage des cheveux, s’essuyer avec une serviette propre, port de vêtements propres et absence de bijoux ou maquillage.
- Être à jeun (6h avant le rdv) et demandez au médecin quels médicaments doivent être pris.
- Si des examens sanguins vous ont été prescrits au préalable, apportez les résultats de votre prise de sang.
Pendant l'intervention
L’intervention, d’une durée de 30 à 60 minutes, se déroule sous conditions d’asepsie strictes en radiologie interventionnelleAprès l’anesthésie locale, la veine jugulaire, à la base du cou, est ponctionnée sous échographie.
Le cathéter est introduit et dirigé sous contrôle radiologique jusqu’à la veine cave supérieure.
Le boîtier est positionné sous la peau, généralement sous la clavicule, et relié à l’extrémité du cathéter.
Une suture avec des fils résorbables est réalisée au niveau de l’insertion du boîtier.
Un pansement stérile est appliqué sur cette suture et au niveau de la ponction à la base du cou.
Le bon positionnement du dispositif est contrôlé à la fin de la procédure par une radiographie du thorax.
Après l'intervention
Le PAC est utilisable idéalement quelques jours après sa pose, immédiatement si cela est urgent.
Sutures
Les fils de suture utilisés sont résorbables
Soins
Un pansement doit être maintenu propre et sec pendant 4 jours.
À J+5 une infirmière viendra refaire le pansement et ensuite tous les 2 jours jusqu’à cicatrisation (environ 10 jours)
Une douleur modérée est possible les premières 48 heures, facilement soulagée par des antalgiques simples.
La douche complète est autorisée après 4 jours, idéalement avant le changement de pansement par l’infirmière.
La mise en place de l’aiguille dans la chambre peut être douloureuse : vous pouvez appliquer un patch anesthésiant (patch d’Elma®)1 à 2h avant la ponction (demander une prescription médicale au médecin hospitalier).
Risques
Lors de la pose les complications sont rares (<1%) :
- Un hématome peut se former autour du boîtier et parfois nécessiter une évacuation chirurgicale.
- Très exceptionnellement, la ponction atteint des éléments proches, comme la plèvre avec un risque de pneumothorax (pénétration d’air entre la paroi thoracique et le poumon provoquant des difficultés respiratoires), ou l’artère avec un risque de saignement.
- Une embolie gazeuse peut survenir, ainsi que des lésions nerveuses.
- Il peut y avoir un échec de mise en place de ce système pour des raisons anatomiques. Il vous sera alors proposé une autre tentative par une autre voie.
À distance, quelques complications peuvent survenir :
- Une infection: le cathéter et le boîtier sont des corps étrangers et peuvent favoriser une infection, voire une septicémie. Les règles d’asepsie et d’hygiène avant et au moment de la pose et lors des perfusions ultérieures permettent de contrôler ce risque. Vous devez donc signaler à l’équipe soignante tout gonflement important, une douleur locale intense, une rougeur, un écoulement au niveau de la cicatrice, une mauvaise cicatrisation, une fièvre, des frissons, ou une gêne respiratoire.
- Une désunion de la cicatrice
- Une phlébite (obstruction de la veine dans laquelle pénètre le cathéter par un caillot de sang) : cela provoque un gonflement et une douleur du bras, qui peut nécessiter un traitement anticoagulant, voir le retrait du dispositif.
- Votre peau au-dessus de la chambre peut s’abimer. Une fuite sous la peau du liquide de perfusion est possible et nécessite impérativement une prise en charge spécialisée.
- Une rupture du cathéter : migration du cathéter possible et nécessitant l’ablation par une sonde de type “lasso”.
- Le cathéter peut se boucher. Il pourra parfois être débouché par l’injection, sur prescription médicale, d’un produit qui fait fondre les caillots de sang. En cas d’échec, le PAC doit être changé.
En résumé : ce qu'il faut retenir
Bon à savoir
Utilisation et entretien
- Le PAC est maintenu en place tant que le traitement l’exige et parfois quelques mois de plus si votre situation n’est pas parfaitement stabilisée.
- À l’hôpital comme à domicile, le branchement des perfusions est assuré par un(e) infirmier(e) formé(e) formé à l’utilisation de ce PAC
- Le boîtier doit toujours être ponctionné avec des règles d’hygiène très rigoureuses, en utilisant une aiguille spéciale (aiguille de Huber ou gripper).
- Une aiguille ne doit pas rester en place plus de 7 jours. Un rinçage régulier peut être nécessaire et réalisé sur prescription médicale.
- Un carnet de suivi vous sera remis et devra être présenté à chaque utilisation du PAC, ceci afin que les règles de bonne utilisation et d’entretien soient respectées. Toutes les manipulations doivent être consignées sur ce carnet de suivi.
- Pensez à signaler votre PAC et à présenter votre carnet à chaque consultation ou hospitalisation.
Retrait du PAC
Une fois le traitement terminé et après autorisation de votre oncologue, le PAC est retiré sous anesthésie locale par un radiologue interventionnel, laissant une fine cicatrice.
L'équipe de radiologie interventionnelle
Il est normal que vous vous posiez des questions sur l’intervention que vous êtes amené à passer. Nous espérons y avoir répondu. N’hésitez pas à interroger notre équipe radiologique pour tout renseignement complémentaire
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