Embolisation des artères prostatiques pour adénome
L’augmentation du volume de la prostate, appelée adénome prostatique ou hypertrophie bénigne de prostate (HBP) est une malade de la partie centrale de la prostate. Elle peut avoir comme conséquence l’apparition progressive d’une gêne à l’évacuation de la vessie ou des envies fréquentes d’uriner.
L’hypertrophie bénigne de prostate peut-être prise en charge par un traitement chirurgical si le traitement médicamenteux est insuffisant. Différents traitements chirurgicaux existent, tels que la résection transurétrale de prostate, l’adénomectomie par voie sus-pubienne ou l’incision cervico-prostatique.
Lorsque ce traitement médical n’est plus efficace ou mal toléré, en cas de contre-indication ou de refus du traitement chirurgical, l’alternative mini-invasive qui peut être proposée aux patients est l’embolisation des artères prostatiques.
En quoi ça consiste
L’embolisation est une technique de radiologie interventionnelle qui consiste à venir boucher les petites artères à l’intérieur de la prostate hypertrophiée par des billes de petite taille (microbille). Moins alimentée par le flux sanguin, la prostate diminue de taille (son volume peut diminuer de moitié).
Déroulement de la procédure
Préparation à l'intervention
L’intervention est réalisée sous sédation, cela sera vous sera expliqué lors votre consultation pré-opératoire avec le radiologue interventionnel. Pendant cette consultation, il vérifiera également l’absence de contre-indications et vous expliquera l’intervention.
Le geste est fait en ambulatoire (sortie le jour même). Vous devez être accompagné pour votre sortie.
Avant l’intervention, il est important de :
- Informer l’équipe soignante si vous avez des risques particuliers de saigner :
- Avez-vous une maladie du sang ou des saignements fréquents ou prolongés (du nez par exemple) ?
- Prenez-vous un traitement fluidifiant le sang ? (anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire type Aspirine®, Asasantine®, Kardegic®, Persantine®, Plavix®, Previscan®, Sintrom®, Solupsan®, Ticlid® …), ou tout simplement souvent de l’Aspirine® contre le mal de tête ? Dans ce cas, il sera nécessaire d’arrêter ce traitement avant l’examen : nous vous préciserons combien de temps.
- Suivre une hygiène stricte :
- Douche antiseptique à la Betadine Scrub® la veille et le matin de l’intervention, lavage des cheveux, s’essuyer avec une serviette propre, port de vêtements propres et absence de bijoux ou maquillage.
- Être à jeun (6h avant le rdv) et demandez au médecin quels médicaments doivent être pris.
- Apporter les résultats de vos examens sanguins.
- Apporter votre bilan d’imagerie (images Scanner et IRM).
Pendant l'intervention
L’intervention a une durée de 1h30 à 3h, selon la complexité de l'accès aux artères prostatiques, en raison d’importantes tortuosités. Elle se déroule sous conditions d’asepsie strictes en radiologie interventionnelle, sous contrôle radiologique. L’intervention est réalisée sous sédation et sous anesthésie générale et est réalisée par une équipe médicale formée à cette technique.Le médecin réalise une anesthésie locale au niveau du point de ponction à la racine de la cuisse (artère fémorale) ou au poignet (artère radiale).
Le radiologue glisse ensuite un cathéter (petit tuyau) dans votre système artériel à partir de l’aine ou du poignet, jusqu’au niveau des artères du pelvis. Un petit tuyau (cathéter) est descendu jusqu’au niveau des artères du pelvis.
Des injections de “produit de contraste iodé” par le cathéter permettent de repérer les artères de la prostate.
Après avoir vérifié le bon positionnement du cathéter dans les artères prostatiques, le radiologue procède à l’embolisation par injection lente des microbilles dans ces artères.
Le cathéter est retiré, l’artère est comprimée quelques minutes et un pansement compressif est mis en place (ou le point de ponction est fermé à l’aide d’un dispositif spécifique).
Après l'intervention
Surveillance
Vous serez surveillé pendant 4 heures en salle de surveillance.
Afin d’éviter le risque d’hématome à l’endroit de la ponction, il vous est demandé de rester allongé ou de ne pas mobiliser le bras pendant un délai qui sera préciser par le radiologue.
complications
Toute intervention sur le corps humain, même conduite dans des conditions de compétence et de sécurité maximales, comporte des risques.
Nous vous présentons ici les complications les plus fréquentes et/ou les plus graves qui peuvent être rencontrées.
- Des complications locales, secondaires à l’introduction du cathéter sont possibles : thrombose, inflammation locale, abcès, saignement au point de ponction.
- Une insuffisance rénale peut survenir, favorisée par le produit de contraste, mais est prévenue par une hydratation suffisante (perfusion de sérum physiologique) avant et après l’examen.
- L’embolisation de la prostate peut conduire souvent à des douleurs urinaires, une pollakiurie, une fièvre modérée pendant quelques jours.
- Des traces de sang dans les urines, le sperme ou les selles sont possibles dans les jours qui suivent l’embolisation.
- Plus rarement une infection urinaire (prostatite) ou une rétention d’urines nécessitant transitoirement une sonde urinaire peuvent survenir.
- De très rares cas d’ischémie de la vessie, du rectum et de la verge ont été décrits après embolisation de la prostate, et nécessitent exceptionnellement une prise en charge chirurgicale.
- L’intervention peut se solder par un échec si l’anatomie de vos artères ne permettent pas la mise en place du cathéter dans les artères prostatiques.
- Naturellement, les bénéfices attendus de l’examen qui vous est proposé sont largement supérieurs aux risques que cette intervention vous fait courir.
En pratique :
prévenez-nous en cas de symptômes tels qu’une fièvre > 38,5°C, des frissons, un hématome au point de ponction, ou l’apparition d’une rétention aiguë d’urines.
Consignes post-procédure
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- Évitez les efforts physiques intenses et le port de charges lourdes pendant 24 à 48 heures.
- Une gêne légère ou un petit hématome peuvent survenir au point de ponction, sans gravité.
- Le soir après l’embolisation vous ne devez pas rester seul.
- Dans les 24 heures qui suivent l’intervention, il est conseillé de boire de l’eau pour favoriser l’élimination du produit injecté pendant l’examen (1,5L/j).
- Il est fréquent de ressentir des douleurs après une embolisation, un traitement antalgique vous sera prescrit..
- En cas de douleurs persistantes ou de signes anormaux (fièvre, frissons, vertiges, douleur du mollet, difficultés respiratoires…), il est important de contacter immédiatement votre médecin ou notre équipe. Le soir et le week-end, contacter les urgences (le 15).
Résultats / Quand saurai-je si le traitement a été efficace ?
Un premier commentaire vous sera donné juste après l’intervention et permettra de vous informer de son déroulement.
L’efficacité et le bon fonctionnement de l’embolisation prostatique seront évalués par une consultation à distance de l’intervention et parfois par des examens d’imagerie (IRM prostatique).
En résumé : ce qu'il faut retenir
L'équipe de radiologie interventionnelle
Il est normal que vous vous posiez des questions sur l’intervention que vous êtes amené à passer. Nous espérons y avoir répondu. N’hésitez pas à interroger notre équipe radiologique pour tout renseignement complémentaire
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